Romancière, biographe, essayiste, Marie-Louise Audiberti aime passer d’un genre à l’autre. Après de nombreuses traductions d’auteurs allemands, elle publie un premier roman, Viens, il y aura des hommes, aux éditions Stock. Trois autres romans suivront, ainsi que deux biographies : Sophie de Ségur, l’inoubliable comtesse (Stock), et Brahms, un génie ordinaire (Plon). Ses derniers livres publiés sont : Robert Walser, un vagabond immobile, Gallimard, 1998, essai biographique sur cet écrivain funambulesque dont on redécouvre aujourd’hui les œuvres singulières ; Ecrire l’enfance, un voyage en littérature, éditions Autrement, en avril 2003 ; Les chemins de l’âge, essai, HB Editions, 2005 ; Stations obligées, nouvelles, L’arbre vengeur, 2008. Elle a publié L’exilée. Adèle Hugo, la fille, aux éditions La Part Commune en 2009.
Elle est aussi l’auteur de nouvelles, articles dans diverses revues, pièces radiophoniques, chroniques et émissions radio, ainsi que de deux documentaires littéraires pour la télévision.
Articles de l'auteur (10)
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Sur une photo d’Irène Sinou
Et si le poussin avait des ailes, oui, de vraies ailes comme un coq, un aigle ou encore un homme, des ailes qui vous emportent ailleurs comme des rêves. Le poussin piète ? Non, il vole. Il s’élance ? Non, il atterrit. Ses pattes palmées s’étalent largement sur le drap luisant. Il faudra bien un (…)
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Lettre de Budapest
Hongrie, ongre, congre, pays incongru comme sa langue et pourtant si proche. A Budapest, je cherche les Barbares, les Celtes, les Romains, les Huns, les Tartares, les Turcs, et je ne trouve que des semblables, des gens du métro, des comme nous, faciès, taille, pour un peu on se croirait à (…)
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Adèle Hugo, la fille
Nous sommes aujourd’hui en 1863. Guernesey, une île, posée quelque part dans l’océan. La famille Hugo a suivi le maître en exil : Bruxelles d’abord, une capitale, où l’on pouvait encore frayer avec des égaux, sortir, recevoir, puis Jersey, et maintenant Guernesey, comme s’il fallait absolument (…)
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Lettre de Venise
J’apprends l’italien. Pour le savoir, pour le parler ? Plutôt l’apprendre ; joie de la découverte. Apprendre une langue, c’est retrouver les réflexes premiers quand les mots hésitent encore entre les lèvres. Apprendre une langue étrangère, c’est apprendre à parler. Les phonèmes se cueillent (…)
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En noir et blanc : Michael Jackson
La mort de Michael Jackson a envahi les médias. Tout a été dit sur le talent et l’étrangeté du personnage ; mais si l’on a dénoncé à l’envi les blanchiments et autres tortures qu’il s’est infligés, a-t-on vraiment perçu, au-delà du grotesque et du pitoyable, ce que signifiaient de tels (…)
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Pourquoi pas Turin ?
Le cheval de Nietzsche, celui qu’il a tendrement pris dans ses bras, ce cheval maltraité par son maître et brusquement enlacé par cet inconnu à grosse moustache éperdu de compassion, je ne l’ai retrouvé, à Turin, que sur les films anciens projetés dans l’étourdissant Musée du cinéma. Oui, (…)
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Jean-Michel Delage / Symphonie
Roule, roule, n’arrête jamais ta course, chaque tour de roue t’emporte loin de toi.
Ceci n’est pas une automobile. Les formes sous la houppelande sont parlantes mais sans les roues qui dépassent un brin, comment serait-on sûr ? Est-ce que ça roule une voiture si bien déguisée ? Justement, la (…) -
Berlin
A Berlin ! C’était marqué sur les trains : Nous irons à Berlin ! En attendant c’était les Allemands qui occupaient Paris. Tous les panneaux de signalisation étaient écrits en allemand, afin que l’ennemi ne se perde pas dans nos dédales. Dans la foulée on apprenait à traverser aux clous sur les (…)
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Le taxi
Moi je fais le taxi depuis vingt-cinq ans. Seulement le jour. Avant, je roulais la nuit aussi, maintenant j’ai arrêté, ma femme veut plus, c’est trop dangereux. Elle est belle, ma femme, si vous la voyiez ! Je connais tous les trucs : le client qui s’esbigne avant de payer, ou le monsieur bien (…)
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Lisboa
L’air doux s’immisce dans les conversations pour les amortir. La femme ne cesse de marcher, elle gravit les escaliers, redescend plus loin. Une ville, il faut l’arpenter sans répit. Mais regarde au moins où tu marches ! Comment pourrait-elle détacher ses yeux des murs, avec tous ces azulejos, à (…)